Le lieu de travail peut se transformer en un piège étouffant, avec un risque de maladie physique et psychologique. Nous avons demandé au Dr Rossella Chiusolo, psychologue clinicienne et psychothérapeute, les stratégies à adopter pour améliorer les relations avec les collègues et gérer une communication efficace, capable d’exprimer nos besoins. Le secret? Faites preuve d’empathie.

Comment gérer stratégiquement les tensions qui peuvent inévitablement surgir au travail?

«L’environnement de travail, partie intégrante de notre vie quotidienne, ne fait que refléter les rythmes que nous avons aujourd’hui: ce n’est pas un hasard si nous entendons souvent de plus en plus parler de problèmes liés au stress et à l’anxiété. Tout cela est strictement lié au fait que même au travail, nous avons souvent tendance à exceller, plutôt que de collaborer avec les autres. La première stratégie pour mieux vivre le lieu de travail est d’entrer dans une dynamique de groupe, plutôt que de se concentrer uniquement sur le succès. Créer des liens avec des collègues est important, tout comme il semble fondamental d’écouter le point de vue des autres et de vouloir se remettre en question ».

Quels sont les signes qui parlent d’un inconfort profond?

«Les signaux viennent tout d’abord de notre corps. Généralement, les premiers symptômes voient une baisse des performances au travail, des difficultés de concentration ou, très fréquemment, une gastrite, qui est l’un des problèmes psychosomatiques les plus immédiats. Écouter les signaux provenant du corps est la première chose à faire: quand il y a des tensions particulières, la première partie qui est affectée est le corps, alors vous pouvez rationaliser et comprendre ce qui s’est passé. La continuité dans le temps et la nature systématique de certaines attitudes négatives ou en tout cas hostiles envers nous, par exemple de la part du patron ou de collègues, indiquent un problème important: tout le monde peut avoir une journée légèrement négative, mais le problème survient lorsque le la situation devient systématique et on ne parle plus d’épisode isolé ».

Comment ceux qui ont une faible estime de soi peuvent-ils faire face sans en être victimes?

«Habituellement, ceux qui ont des problèmes d’estime de soi ont du mal à dire non et à se fixer des frontières entre eux: malheureusement, en général, ils deviennent aussi des victimes d’eux-mêmes, ainsi que le patron ou les collègues. Il est important de commencer à assumer la responsabilité de vos idées et à les exprimer. Dans ce cas également, le groupe est fondamental, en ce sens que confronter les autres et partager le malaise aide à faire comprendre aux gens que le problème n’est pas seulement le nôtre et que nous ne sommes pas seuls ».

Que se passe-t-il lorsque des collègues font partie du problème?

« Lorsque la situation est grave et semble sans issue, vous devez contacter un organisme compétent, en cas de travail, un syndicat par exemple, ou en tout cas une aide extérieure en mesure de donner une vision plus large. Aussi pour cette raison, en particulier pour ceux qui travaillent dans l’entreprise, il est bon de demander à l’employeur des cours de formation, désormais obligatoires par la loi: ils sont une aide pour le travailleur et sont utiles pour apprendre à communiquer, être avec les autres, être un groupe, ainsi que signaler toute situation négative ou source de stress « .

Qu’est-ce qui permet une bonne communication?

«Il est important d’aider à créer un climat qui s’appelle un jeu de charme: ce mot signifie littéralement créer une atmosphère ludique. Utiliser également un langage connotatif avec des collègues, rechercher un contact physique, par exemple une étreinte et maintenir une attitude ironique sont des comportements capables de soulager la tension qui crée inévitablement sur le lieu de travail. Là où la plaisanterie et l’ironie apparaissent, ainsi que l’auto-ironie, le climat est plus détendu ».

Quelle est la bonne frontière à créer entre vous et l’environnement de travail?

«Il n’est pas nécessaire de raconter sa vie à tout le monde, mais d’être disponible au contact sans oublier le bon sens. Blaguer sans trop entrer dans le personnel permet de maintenir une atmosphère paisible sans que l’autre envahisse notre intimité, qu’il est tout aussi important de préserver. Avec l’ironie, la capacité de plaisanter et d’éviter de prendre tout au sérieux contribue à créer une atmosphère favorable. Nous passons beaucoup de temps avec des collègues: parfois les conditions ne sont peut-être pas les plus favorables, mais souvent méditer sur l’attitude avec laquelle nous affrontons la vie reste la possibilité de croissance la plus importante ».